
De l'expertise de terrain à la prise de conscience personnelle
Riche d'un parcours de trente ans dans l'enseignement, j'ai vu passer des centaines d'enfants aux profils multiples. Pourtant, c'est une prise de conscience beaucoup plus récente et personnelle qui a tout déclenché.
En explorant ma propre manière de penser, et à travers une expérience personnelle qui m'a confrontée de près aux blocages que peut créer l'abstraction, j'ai mis le doigt sur un angle mort des apprentissages : la diversité des façons dont chaque enfant se représente les savoirs.
Ce que j'ai observé a transformé mon questionnement d'enseignante : la difficulté n'était pas un manque d'intelligence ni de bonne volonté, mais quelque chose de plus discret, souvent invisible pour l'entourage.
Le constat de départ s'est imposé : le véritable obstacle à la mobilisation des leçons n'est pas un défaut d'intelligence, mais une saturation invisible de la mémoire de travail, qui prive l'enfant de ses repères.